Communiqué

Déclaration de l’UFC relative à la nomination du Premier Ministre et à la formation du gouvernement

par UFC , le 20 septembre 2006, publié sur ufctogo.com

A écouter également le reportage de RFI et l’interview de Patrick Lawson, 3ème Vice-Président de l’UFC - (Nécessite Windows Media Player ou lecteur compatible WMA).

 

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Le Directeur de cabinet du Chef de l’État vient de rendre publique la composition du Gouvernement de Monsieur Yawovi Agboyibo. L’Union des Forces de Changement (UFC) en prend acte et tient à relever ce qui suit :

1. L’esprit d’ouverture et le sens des responsabilités qui ont animé l’UFC lors des travaux du dialogue inter togolais l’ont conduit à signer l’Accord Politique Global (APG) du 20 Août 2006, en dépit des insuffisances. Ces insuffisances devraient être compensées, notamment par :
- un nouveau Premier ministre dont le choix refléterait la volonté exprimée à maintes reprises, mais en vain, par l’immense majorité des Togolais ;
- un Gouvernement d’Union Nationale où toutes les parties prenantes à l’APG seraient équitablement représentées ;
- la présence permanente et l’arbitrage constant et conséquent du Médiateur pour empêcher ou corriger tout écart dans l’application de l’APG ;
- un comité de suivi performant et vigilant, constamment à l’écoute des protagonistes de l’APG.

2. La nomination d’un Premier Ministre, premier acte de la mise en oeuvre de l’Accord Politique Global, devrait constituer un signal fort en direction des populations togolaises et de la communauté internationale.
Ce signal fort devrait se traduire par un choix qui démontre une réelle volonté de corriger les injustices infligées lors des coups de force électoraux au plus important parti de l’opposition afin d’entraîner le soutien et l’adhésion populaire dont l’APG a besoin pour sa mise en oeuvre. L’attribution du poste de Premier Ministre, deuxième poste de l’exécutif, en application de l’Accord Politique Global, devrait manifester cette volonté.

3. Aux termes de l’APG, le Gouvernement d’Union Nationale devrait être formé "dans un esprit de réconciliation nationale et de confiance mutuelle" dans le but "de restaurer la paix, la sérénité..." Cela suppose non seulement cette réelle volonté de réparer les injustices mais également une répartition équitable des portefeuilles ministériels après une consultation formelle des parties prenantes. Or, cette consultation formelle n’a pas eu lieu. De plus, le RPT s’octroie une vingtaine de portefeuilles sur trente cinq, reléguant les autres à la portion congrue.
L’union des Forces de Changement dénonce les circonstances confuses et suspectes et qui ont présidé à la formation de ce gouvernement avec, notamment, une tentative de débauchage de cadres de l’UFC qui ont tous rejeté l’offre qui leur était faite à titre individuel, à l’exception de Monsieur AMAH Gnassingbé. Celui-ci, en compagnie de Messieurs Antoine Bodjona et Seydou Issa, est allé, sans aucune autorisation, et donc en totale violation des règles et procédures du parti, remettre à Monsieur Agboyibo une liste de personnes qui n’en savaient rien. Monsieur AMAH Gnassingbé n’avait aucun mandat ni pouvoir pour constituer, encore moins proposer une telle liste. La Commission de discipline est saisie de ce dossier conformément aux Statuts et au Règlement intérieur du parti.
L’UFC rappelle que son organe statutaire de décision est le Bureau National qui peut consulter les fédérations sur des sujets spécifiques. AMAH Gnassingbé et ses acolytes ne peuvent donc se prévaloir d’une consultation comme étant une décision.

4. La nomination d’un Premier Ministre en dehors du parti qui devrait apporter un soutien et une adhésion populaire à l’APG, d’une part, et la constitution d’un gouvernement dans lequel le RPT s’accapare la totalité des portefeuilles importants, d’autre part, mettent le Chef de l’Etat en totale contradiction avec ses multiples déclarations sur les "retrouvailles entre Togolais", "la réconciliation nationale", "la paix et la stabilité politique", Ces actes confirment une fois de plus, la volonté manifeste du régime RPT de se maintenir au pouvoir par tous les moyens en excluant de la vie politique nationale, l’UFC, le parti d’opposition le plus spolié depuis plusieurs années.

5. Le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé et le RPT portent l’entière responsabilité d’un rendez-vous manqué.

6. Tout en demeurant dans le processus engagé le 20 Aoùt 2006, l’UFC considère que la nomination du Premier Ministre et la formation du gouvernement, qui ne tiennent compte ni de l’esprit de l’Accord Politique Global, ni des attentes du Peuple Togolais outragé et martyrisé, ne sont pas de nature à créer le climat d’apaisement et de confiance nécessaire à la mise en oeuvre sereine de l’APG.

7. L’UFC demande au Médiateur et à la communauté internationale de s’impliquer fermement pour une application effective de l’esprit et de la lettre de l’Accord Politique Global du 20 Août 2006. Elle reste ouverte à toute proposition du Médiateur dans ce sens. L’UFC demande en particulier au Médiateur de prendre les dispositions nécessaires à la mise en place rapide du comité de suivi.
L’UFC exhorte enfin les populations togolaises à rester vigilantes. Elle demande à ses militants et sympathisants de se mobiliser résolument pour obtenir les conditions de transparence et gagner les prochaines élections législatives.

Fait à Lomé, le 20 Septembre 2006.
Pour le Bureau National,

Le 3ème Vice-Président

Patrick LAWSON

 

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