Sur un lopin de terre tropical
Il est né un curieux animal.
Pour ressembler à l’homme son pays
Il fit de son fantôme concassé
Un manteau.
De ce staff se couvrant, du chef au pied,
Le voilà Jacob d’Isaac !
Puis d’un million de son sosie
Il essaima la Terre.
Souvent sur la plage natale le long de la côte
A l’heure où s’endort au pied d’un baobab effeuillé
La nuit ; ici et là-bas sur la rive craquelée de Nimagnan
Dans les sables bigames et humides de Guindoua Agbolénou
On les voit se répandre, colonie de pattes menaçantes
Charpentes velues au dessous de pistils nus :
Vermine nauséeuse que rien n’émeut !
Elle vous taillade l’arcade, vous prive d’un œil
Et dans la chair vous enfonce, profonde cette chose
Enfin pour faire ripaille, elle convoie au large
Sa proie, la gorge entre ses pinces, et mouille.
Ainsi tient-elle en lisière les voix qui rebiffent
Va de côte en côte, jamais de l’avant !
Et proclame, suffocante au vent qui souffle :
Mon aïeul est barbier ! Voilà t-il pas mes pattes ?
Il paraît que cette bête, on la nomme CRABE
Ce n’est donc pas Cancre ; autant pour moi !
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Paris, le 18 novembre 2008
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